lundi 7 novembre 2016

TRISTE NOVEMBRE


Novembre, nous le savons, n'est pas un mois sympa. Il nous annonce "la saison morte", celle où les activités liées à la nature et au tourisme se mettent en repos.
Avec le changement d'heure, novembre nous impose désormais les inévitables trajets quotidiens dans une nuit incertaine. Ceci pour ceux qui ont la chance d'avoir à se rendre à leur travail.



Les retraités, ainsi que les exonérés du boulot, continueront, malheureux, à subir le redoutable grondement des vents-pluies en tremblant sous leur couette.

Après les Etats-Unis d'Amérique, en France le "théâtre électoral" est ouvert. La fonction présidentielle a été tellement dévalorisée, que cette phase, pourtant essentielle de la vie politique nationale, n'est plus qu'un affligeant divertissement télévisuel.

L'écœurement a gagné depuis longtemps le citoyen adulte. Reste hélas encore beaucoup de fanatiques aveuglés par une incompréhensible passion pour une kyrielle de prétendants dévalués à ce poste capital.

Tout a été dit, écrit et dénoncé pourtant sur cette opération dévastatrice de l'honneur républicain.
Il semble que rien ne pourra arrêter la décomposition des fonctions politiques cadenassées par les puissances qui financent leurs campagnes électorales.

De son côté, le peuple des citoyens construit comme il peut une alternative de vie qui semble mieux lui convenir. De nouvelles initiatives apparaissent. Elles ont la volonté de redonner un dimension plus humaine à l'organisation sociétale.

Elles représentent, hélas, pour beaucoup de tenants du pouvoir politique, l'alibi qui leur est nécessaire pour atténuer leur systématique compromission avec les puissances de l'argent.

Pendant ce temps là, le rouleau compresseur de la sur-réglementation continue son ouvrage. Tous les espaces de la vie sont désormais concernés, plombés par une multitude de contraintes techniques et financières. 
Le carcan de ces contraintes paralyse l'individu dans un mode de vie dans lequel il se trouve peu à peu aliéné, pour le perpétuel intérêt de faiseurs de profit.

Par contre, la déréglementation est en œuvre dans les domaines économiques et financiers, dépositaires exclusifs des vrais pouvoirs. Les accords transatlantiques, signés ou en cours de négociation, en sont l'expression aiguë.

Leur élaboration effectuée dans le secret et sous les ordres des firmes transnationales s'impose aux Etats et paralyse les citoyens.

Comment comprendre la précipitation à la signature de ces pactes d'aliénation des peuples concernés, par ceux qui ont pour mission de les représenter ?
Tout ce qui a l'apparence d'une trahison est doté de quelles contreparties? 
La résistance du parlement Wallon à cette traîtrise en est un révélateur inattendu.

Paul Magnette, chef du gouvernement de Wallonie,


Son président a posé avec détermination les questions essentielles : celles de la manière dont sont menées aujourd'hui les négociations internationales tenues hors de la connaissance des citoyens.

Son exceptionnelle intervention a été abjectement traitée comme une pure et simple affaire de politique intérieure à la Belgique. Il a fallu qu'il rentre donc dans le rang précipité des signataires.Les citoyens qu'il représentait avec force et puissance sont une nouvelle fois trahis.

En Syrie, les recruteurs djihadistes opèrent encore avec efficacité. De nombreux jeunes en recherche de "lumières" se branchent toujours en continu sur un Coran alternatif.


Chez nous, paisiblement, les nouveaux chrysanthemum morifolium, les “fleurs d'or” des Grecs, illumineront pendant quelque temps les champs du repos. 

Un vieux proverbe le dit bien : "Le mois de novembre est malsain, il fait tousser dés la Toussaint".








samedi 16 juillet 2016

RÉUNION RATÉE : LE PARADOXE D'ABILÈNE

Il n'est pas facile de travailler en groupe, encore moins d'obtenir des décisions qui satisfassent l'ensemble de ses membres. 
Souvent, les décisions prises sont contraires à l'intérêt général et même à celles qu'auraient souhaitées les membres du groupe.
Ce phénomène a été mis en évidence par Jerry B. Harvey de l’université de Washington. 
Il l'a théorisé sous le nom de "Paradoxe d'Abilène". 


UNE MATINÉE TRANQUILLE

Imaginez le porche d’une maison texane, un dimanche matin. Il y a là, assises sur les marches, sirotant tranquillement une citronnade, les trois générations : les parents, les enfants, le père et la mère de Madame. 

C’est l’été et il fait déjà très chaud et tout le monde semble s’ennuyer.

Le beau-père lance alors une idée : et si on allait déjeuner à Abilene?
Abilene, c’est la « grande ville » qui se trouve à près de 100 km. Les membres de la famille se regardent et bientôt la décision est prise de suivre la suggestion de bon papa.
La voiture familiale est vieille, elle n’est pas climatisée et le voyage sous la rage du soleil, est pénible.

Arrivé à Abilène, le petit groupe erre longuement dans les rues à la recherche d’un restaurant. Il finit par jeter son dévolu sur un établissement où la nourriture se révèle aussi chère que mauvaise.
On rentre, toujours sous la rage du soleil.
De retour à la maison, une dispute éclate. C’était vraiment une idée stupide d’aller déjeuner à Abilène !
Le beau-père se défend : lui-même n’avait pas le moindre désir de déjeuner à Abilène ! Simplement il avait l’impression que tout le monde s’ennuyait et il a lancé cette idée-là, croyant faire plaisir, comme il aurait lancé n'importe quelle autre.
Une fois que tout le monde s’est exprimé, une évidence s’impose : personne n’avait envie d’aller déjeuner à Abilene.

L'INCAPACITÉ A SE METTRE D'ACCORD

Comment un groupe d’adultes sains d’esprit peut-il prendre une décision contraire à ce que souhaite ou pense chacun de ses membres ?

De nombreuses causes en sont à l'origine :

- des mauvaises informations sur le sujet,
- la non compréhension que l'on cache du thème traité (je ne comprends rien à ce qu'il explique !)
- la volonté de ne pas s'engager à sa mise en œuvre (ce projet me "gonfle" !)
- une tension entre certains membres du groupe (regarde-moi cet abruti comme il veut se faire "mousser"!)
 - le blocage de certains sur leur position (il en pensent ce qu'ils veulent, je sais que j'ai raison !)
- la crainte de fâcher certains membres du groupe (si je dis ça, il va encore se "braquer" !)
- la conviction d'être seul à ne pas être d'accord et l'angoisse d'être marginalisé (si je dis que je ne suis pas d'accord, je vais me faire "jeter").
- la peur de poser des questions qui pourraient être jugées stupides (si je pose cette question, ils vont me prendre pour un imbécile!).
- L'incapacité à convaincre (puisque c'est comme ça, ils n'ont qu'à faire comme ils veulent après tout!).
Etc. Etc.


Cela vous parle, non ?
Ainsi, nous aussi, nous le faisons parfois le voyage à Abilène, cette ville du Texas, au restaurant de laquelle une famille américaine a décidé de se rendre... alors qu'aucun de ses membres ne le souhaitait.

dimanche 3 avril 2016

MOURIR, OUI MAIS COMMENT ?

Comment souhaitez-vous mourir ?
Subitement et sans souffrir !
Tiens, vous aussi ?   
Nous avons eu l'opportunité d'aborder récemment cette question avec Axel Kahn, docteur en médecine et généticien bien connu.  



A l'instar d'un autre grand marcheur populaire, le député Jean Lassalle, Axel Kahn a traversé la France à pied sur deux longues diagonales.  
Par son métier de médecin, il a côtoyé souvent la mort des autres. Sur les épreuves de son chemin, il a pensé à la sienne à quelques reprises. Il a même espéré, un soir perdu en montagne, qu'un coup d'orage bien ciblé vienne le libérer de ses souffrances. Mais son heure n'était pas venue.

COMMENT FINIR SA VIE?  

Voilà un thème qui torture désormais notre société devant le démantèlement du milieu familial qui en assurait paisiblement l'accompagnement.  

La loi dite "Léonetti" du nom de son député-initiateur a pour intention de définir quels seraient les droits des malades arrivant à ce moment fatal de leur existence. 

Comment cet abandon familial de l'individu, au moment où il devient le plus vulnérable, nous a-t-il imposé à devoir cadrer désormais par la loi les conditions de l'accompagnement des personnes en fin de vie ?

 LA SÉDATION PROFONDE ET CONTINUE : LA DÉFINITION "LEGALE" DE L'EUTHANASIE 

La sédation continue consiste en l'injection d'un cocktail médicamenteux à même d'abaisser le niveau de conscience d'un malade en phase terminale jusqu’à son décès de façon à apaiser les douleurs pouvant apparaître à un certain moment. On parle de sédation profonde lorsque l’éveil du patient est rendu impossible par la posologie administrée. 

N'avons-nous pas ici l'expression d'une monstrueuse hypocrisie ?    

L'euthanasie est-elle donc autre chose qu'endormir définitivement une personne... en présumant que c'est bien sa maladie qui finira par l'emporter dans son sommeil ? 

Alors, puisque le sommeil est irréversible, pourquoi ne pas convenir d'en finir tout de suite ? 

Cet aspect de la question interpelle sérieusement Axel Kahn.

 Nous savons depuis longtemps qu'est en marche la détérioration régulière et continue de notre société.
"La sédation profonde et continue" ne semble être rien d'autre que la définition "légale" de l'euthanasie ?
On a probablement jamais fait pire sur un sujet aussi redoutable que celui de la fin de vie.
L'histoire tragique que traverse le Docteur Nicolas Bonnemaison en est la bien dramatique illustration.
Face à l'incapacité de décision de certaines familles devant la situation irréversible de l'un des leurs, face à l'hypocrisie prononcée par la loi, ce médecin-humaniste a été entraîné dans un piège effroyable, jusqu'à mettre en jeu sa propre vie. 

LA MORT EN TERRAIN ÉTRANGER 

Continuant à s'enfoncer dans le cloaque inarrêtable de sa marchandisation, l'homme "moderne" jette également dans les mâchoires des faiseurs de profit le soin de traiter l'accompagnement de sa mort.

La vague déferlante des assurances-obsèques et des funérariums vient lessiver la plage funéraire. 
On ne meurt plus chez soi.
On ne va plus vers "l'autre monde" en partant de sa maison ou de sa résidence.
On meurt désormais en terrain étranger.

LA SACRALISATION ORDINAIRE DES ANCIENS  

Un certain nombre de "peuples premiers", tels que les indiens d'Amazonie, témoignent encore dans leur sagesse de la considération qu'ils gardent aux anciens :  

"Pour nous les vieux sont sacrés. Nous ne les abandonnons jamais. Ce sont nos ancêtres, nous les accompagnons. On les soigne jusqu'au bout. Il n'y a pas d'endroit pour les vieux ici. La famille s'en occupe jusqu'à la fin. Nous devons nous rappeler de tout ce qu'ils ont fait pour nous de la naissance jusqu'à notre vie d'adulte."


Il est probable que nous soyons déjà devenus étrangers à de telles considérations pour nos anciens à nous.
Nous aurions donc atteint un point de non-retour.
C'est pour cela que nous inquiétons autant de notre propre fin, lorsque notre âge s'avance et nous conduit inexorablement vers la sortie.

La contrainte imposée par la loi à ceux qui auront à en décider nous préservera-t-elle de l'indifférence, du déshonneur, voire de l'abandon ?
C'est devant cette crainte qu'est évoquée régulièrement le droit pour un individu de décider lui même du moment et de la manière dont sa vie doit prendre fin.

Ce droit à l'autodétermination est déjà protégé par la Convention Européenne des Droits de l'homme. Il est déjà praticable dans un certain nombre de pays dont la Belgique et la Suisse.
La pratique volontaire du suicide assisté n'est-elle pas la signature finale de ce qui restera l'un des plus grands échecs de la société moderne ?

Une telle hypothèse peut apparaître pertinente à toute personne devant l'insupportable perspective de son déclassement à ne devenir qu'une matière jetable.

Cette considération semble clairement établie à partir du moment où le potentiel "marchandable" de la personne se convertit en une charge pour sa communauté.

Cette communauté à laquelle chacun semble  pourtant  appartenir... jusqu'à sa fin. 
Avons-nous réellement peur de la mort?
"C'est que je n'ai pas peur de mourir, déclare Woody Allen, le génial réalisateur, scénariste et acteur américain, je voudrais juste ne pas être là quand ça arrivera" 
Et nous, devant autant d'insupportables incertitudes, ne préférerions nous pas également... ne pas y être ? 

Après avoir tenté une réflexion sur la mort des humains dans notre société, une autre question tout aussi prégnante nous rattrape : 
- Comment souhaitons-nous, non seulement mourir, mais... finir notre vie ?
- La course à l'espérance de vie s'imposera-t-elle encore longtemps à l'espérance de santé ?    
A suivre donc prochainement.

dimanche 6 mars 2016

ALERTE, CITOYEN PERDU !

Que penser, que dire, que pouvoir écrire devant cette avalanche (pas seulement hivernale) d’événements de tous ordres qui nous entraîne régulièrement à douter profondément du monde dans lequel nous vivons ?
Devant ces déferlantes (pas seulement estivales) d'informations, de discours, de décisions incompréhensibles dont il est le destinataire, comment et auprès de qui, le citoyen de base, c'est à dire nous, les plus nombreux, peut-il avoir une lecture éclairée de ce qui le concerne ?

Se pose à lui aujourd'hui une succession de questions dont la nature même est hautement déstabilisatrice.

Osons une liste :
- l'Etat d'urgence : faut-il y voir la réponse absolue au besoin de sécurité de l'Etat... ou la mise en œuvre d'une stratégie de contrôle tous azimuts en vue d'une Cop21 "paisible" à Paris ?

- la rÉforme du code du travail : un indispensable ajustement aux évolutions sociétales que nous traversons... ou un démantèlement organisé en vue d'ouvrir toutes les portes aux puissances monétaires qui écrasent peu à peu le monde du travail ?

- la prochaine Élection présidentielle : le maintien ou le retour aux commandes des destructeurs de notre démocratie... ou l'utopie d'une nouvelle gouvernance proposée par d'autres, nourris d'une vraie conscience politique ? (L'image que nous donnent les primaires américaines de ce que serait bientôt chez nous "la guerre" pour le pouvoir a de quoi nous effrayer. Mais n'y sommes nous pas déjà ?)

- la rÉforme de l'École : la nécessaire adaptation aux besoins futurs des jeunes générations... ou la suppression organisée de toute connaissance qui permettrait à l'individu de penser par lui même ?

- les migrants : un phénomène réellement imprévisible... ou l'inimaginable aveuglement des élites internationales devant les effets prédictibles de leurs interventions ciblées et incontrôlées sur tous les territoires porteurs d'intérêt ?

- LA RÉVOLTE DES "PAYSANS" : une attestation de l'incapacité de régulation de l'Etat... ou les derniers souffles d'une génération polluée par les rêves de puissance issus de la folie consumériste de l'après-guerre ?



- la laïcité : la garantie assurée par la loi de la liberté de conscience et du libre exercice des cultes... ou une arme de lutte contre la montée en puissance de l'Islam ?

- les réformes territoriales de l'Etat : une indispensable adaptation à la configuration des grandes régions des pays concurrents... ou une volonté d'éloigner encore davantage le citoyen des lieux des prises des décisions qui le concernent?


- le football : un dispositif d'apprentissage de la vie en groupe et de l'effort partagé... ou un système de corruption organisée par lequel se glorifient régulièrement des opportunistes avides d'argent ?

Autant de questions... et d'autres encore, toutes aussi inconfortables, toutes aussi inquiétantes les unes que les autres.

Alors que faire pour éviter de nous détruire en nous laissant sombrer dans une forme de « paranoïa collective» ? 
Comment nous éviter de tomber dans une forme de méfiance généralisée qui nous ferait perdre la confiance mutuelle nécessaire pour vivre en société ?

Qui est mesure de nous apporter quelques "bonnes" réponses ?

Alerte ! Le citoyen est perdu !

dimanche 10 janvier 2016

MACHIAVEL, LE FONDATEUR DE LA SCIENCE POLITIQUE MODERNE

"Il est machiavélique!"
Nous connaissons cette expression qui caractérise un esprit fourbe et calculateur. Elle détermine les pratiques amorales, les manigances et les tromperies qui ont pour objectif de s'approprier puis de conserver le pouvoir.

A l'origine de cette expression se trouve un diplomate et philosophe, issu d'une famille riche et influente, né à Florence d'Italie en 1469 : Nicolas Machiavel.

A l'époque de Machiavel, l'Italie est sous la domination de quelques grandes familles qui se livrent une bataille sévère.
Parmi celles-ci la famille de Médicis. Elle règne sur Florence dont elle a pris le contrôle en 1434, mais ce règne est jalonné de soulèvements populaires et de coups d’État.

Les Médicis chassés par une nouvelle révolte, Nicolas Machiavel prend la tête de la chancellerie florentine en 1498.
Les missions successives qui lui sont confiées feront naître dans la tête du jeune et talentueux diplomate un certain nombre de principes qu'il explicitera dans plusieurs ouvrages. 
Parmi ceux-ci - et le plus connu - : Le Prince.


Nicolas Machiavel y développe le point de vue que
tout dirigeant ne devait pas être guidé par un code moral, mais par la nécessité de s'approprier et de conserver le pouvoir.

Pour Machiavel, la fin justifie donc les moyens.

La psychologue américaine Harriet B Braiker définit le machiavélisme comme "...une stratégie de manipulation dans les échanges sociaux et un style de personnalité qui utilise les autres personnes comme un outil pour servir son intérêt personnel."

LES PRINCIPES DE MACHIAVEL

Dans Le Prince, Machiavel présente plusieurs règles à destination des futurs dirigeants :
  •        Ne jamais faire preuve d'humilité. Il est plus efficace d'être arrogant dans ses rapports avec les autres.
  •       La morale et l'éthique sont pour les faibles. Les personnes puissantes doivent se sentir libres de mentir, de tricher, de tromper à chaque fois que cela les arrange.
  •       Afin d'être populaire et de sécuriser son pouvoir, "un prince" ne doit pas être vertueux, il doit juste "paraître" vertueux.
  •       Le meilleur moyen de traiter avec les gens est de leur dire ce qu'ils veulent entendre.
  • ...
    Ne sommes-nous pas en mesure de placer quelques visages politiques actuels sur les principes machiavéliques ci-dessus?




Après cinq siècles d'existence, Le Prince continue à influencer profondément la politique moderne. Ses principes, suivis avec application par les élites en place, représentent l'esprit corrompu d'un système dont les peuples espèrent et attendent vainement la fin.

Ainsi, Nicolas Machiavel peut être considéré comme le véritable fondateur de la science politique moderne.


mercredi 22 juillet 2015

ALERTE, RECHERCHE VOISINS !

Nos communautés rurales, nous le vivons, sont en mutation profonde. Cette mutation, déjà sensible depuis une quinzaine d’années, s'accélère considérablement aujourd'hui avec l’arrivée d’une population nouvelle, venue pour une grande partie d’une aire géographique parfois très éloignée.
Les locaux de souche sont particulièrement touchés par ce phénomène sociétal. Ils ont partagé la vie de toutes les générations des familles anciennes. Ils étaient comme chez eux dans la maison familiale de leurs voisins.
Les voisins, c'étaient "leur famille", davantage même. Ne disait-on pas couramment : "on a davantage besoin des voisins que des parents" .

C'était l'époque de la solidarité et de l'entraide indispensable dans le milieu rural encore peu mécanisé. C'était l'époque du travail avec les animaux domestiques, de l'eau au puits, de la lessive en commun au lavoir public, du pain cuit chaque semaine dans le four communautaire...

Les familles anciennes ont disparu peu à peu de leur lieu de vie ancestral. La maison familiale est vendue. "La Maison", le lieu ou reposait l'âme de la famille. Celle dont la séparation était considérée comme impossible tellement l'esprit des ancêtres l'avait imprégnée.
Le sol était inséparable du sang et tous le vivaient ainsi.

PROTEGER "LA MAISON"

Avant l'introduction du Code Civil, les règles d'héritage étaient régies par des coutumes spécifiques à chaque village, parfois même à certaines communautés. Ces règles étaient construites de telle manière que le Patrimoine familial était protégé.

Certes, tout n'était aussi simple à régler sur ce point. Si l'aîné, garçon ou fille, héritait du patrimoine familial et maintenait ainsi "la Maison", les cadets étaient régulièrement lésés. Certains même ne voyaient leur avenir que comme "domestique" du frère ainé. Sans héritage, ou si peu, ils étaient régulièrement condamnés au célibat.

LA NOUVELLE SOCIÉTÉ

L'accès équitable de tous à l'héritage a causé une rupture définitive avec les règles ancestrales. Si l'aîné souhaite garder "la Maison" il se doit de verser la part d'héritage qui revient à la fratrie. Dans l'évolution économique actuelle, cela est devenu de moins en moins possible, même pour les strates sociales supérieure dans laquelle se situent "les possédants".

De plus, l'escalade spectaculaire des prix de l'immobilier a attribué une telle valeur financière à "La Maison", qu'elle a mis à mal toute sa valeur sentimentale. Il en a été également ainsi pour les terres agricoles, surclassées en terrains constructibles.
La tentation du plus grand profit a eu raison de l'attachement émotionnel au patrimoine familial et à ce qui en constitue le cœur : "La Maison".

DE SIMPLES PROPRIÉTAIRES...

Vide des générations qui en transmettaient ancestralement la vie, la maison est déclassée au rang de simple objet, désormais sans âme.

l'inquiétant panneau "A Vendre" succédera le redoutable   panneau "Vendu par...". Triomphe affiché d'une agence immobilière.

Les nouveaux propriétaires ne seront plus que cela : de simples propriétaires, indifférents à une histoire qui leur est étrangère.
La maison sera alors vidée, puis cassée de fond en comble. Des montagnes de gravats occuperont quelques temps la cour, que l'on appelait "basse" quand y naviguaient poules et poussins sous les yeux de l'aïeul assis devant sa porte.

Le caractère particulier de "la Maison de Pays" disparaîtra peu à peu sous les coups de butoir de la standardisation. L'authenticité architecturale sombrera même dans la caricature.

... ET AUSSI DES VOISINS ?

Ce que subit la maison s'imposera aussi au quartier. Élevés et grandis dans la sécurité d'un voisinage "de famille", il est désormais nécessaire pour "les locaux de souche" de se conformer à une nouvelle forme de vie dans laquelle s'introduit la loi de l'indifférence.


L'indifférence, mobilisatrice de l'inconnaissance et des peurs qui y sont associées. Ces peurs qui nous environnent désormais paralysent nos énergies et nous poussent à devenir des étrangers... à nous-mêmes.

DES VOISINS, MAIS QUELS VOISINS ?

Tout est donc à reconstruire dans le tissus social mis désormais en lambeaux.
Sur quels socles nouveaux cette reconstruction se fera-t-elle ?
Sur quelles valeurs qui pourraient être communes à des personnes d'origine si différentes?
Et surtout, qui en prendra l'initiative ? Les locaux de souche? Les nouveaux arrivés?
Il est possible hélas que ce ne soit personne.

Un proverbe d'origine arabe dit : "Avant d'acheter la maison, n'oublie pas d'acheter le voisin".

Cette sage expression met la balle dans le camp du nouveau venu. 
Les règles du savoir-vivre occidental sont également établies ainsi. Le dernier arrivé a toujours la responsabilité du salut.
Dans un groupe organisé, nous nous étonnerions si l'un ou l'autre ne le pratiquait pas ainsi.

Cette règle exonère-t-elle pour autant "l'ancêtre local" de toute démarche d'accueil?

A suivre...


vendredi 1 mai 2015

DES ÉLUS A OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE


Avez-vous entendu parler de "l'obsolescence programmée"? 

Elle se définit par : 
"Tout stratagème  par lequel un bien voit sa durée de vie sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d'usage pour des raisons de modèle économique".


Autrement dit : la durée de vie des objets est volontairement limitée pour continuer à nourrir le marché et donc à faire des profits.

 D'ABORD LES LAMPES A INCANDESCENCE
Après d'innombrables essais, l'Américain Thomas Edison réussit, en 1879, à produire un éclairage durable en faisant passer du courant à travers un filament de carbone, dans une ampoule sous vide.

Cette première lampe à incandescence dure 40 heures.
Elle va révolutionner les sociétés humaines.

Quand Thomas Edison commercialise ses premières lampes, en 1881, elles ont une durée de vie d'environ 1 500 heures. Quarante ans plus tard, leur durée de vie moyenne atteint 2 300 heures.
 
Thomas Edison l'inventeur de la lampe à incandescence

En 1924, les grands fabricants de lampes à incandescence Osram, Philips, Général Électric... s'accordent pour limiter la durée de vie des ampoules à 1 000 heures.
Cette entente-oligopole prend le nom de "Cartel Phœbus".


OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE : AUSSI AU SÉNAT

Le 18 mars dernier le Sénat vient d'adopter une proposition de loi qui rendrait tout coupable d'obsolescence programmée passible d’une peine maximum de deux ans de prison et de 300 000 euros d'amende. 

 

Justement, lorsque l'on sait que l'âge moyen des sénateurs approche les 70 ans, qu'une grande partie d'entre eux a une durée de vie électorale quasiment illimitée, pourquoi ne pas les inciter à déposer une proposition de loi IMPOSANT cette fois l'obsolescence programmée... des élus? 

 

Leur durée de vie politique serait identique à celle des nouvelles lampes : 50 000 heures! Calculez vous même : cela fait environ 6 ans, précisément la durée d'un mandat.

Intéressant, non?