lundi 22 décembre 2014

PETITES ENTREPRISES : L’ELIMINATION PROGRAMMEE



Il nous serait nécessaire et urgent de trouver dans ces temps de festivités des espaces de satisfaction, d'optimisme, de bonheur en perspective... 
Hélas, une cascade grandissante d’insatisfactions brise dans notre actualité les rêves d'avenir.
- L'errance, l’apparente improvisation, l’amateurisme dans la gestion des affaires publiques conduit à la démobilisation à tous les étages de notre société. Ce phénomène est particulièrement sensible dans la fonction publique où la démobilisation et la déresponsabilisation sont manifestes.
- De nombreux métiers sont aujourd'hui dépassés par les évolutions technologiques.
La généralisation des outils numériques met "hors jeu" un très grand nombre de travailleurs en fin de carrière. La transition vers les nouveaux métiers est extrêmement brutale.
L’efficacité doit être immédiate, pas le temps de s'adapter!


- La domination d’une logique purement économique fait du développement une formule standard qui ignore le contexte culturel et humain. Elle fait du calcul le seul instrument de la connaissance.


Avec comme arme absolue "la statistique", cette stratégie conduit à un sous-développement intellectuel, psychique et moral. Nous le vivons tous, chacun dans notre situation.



RÈGLEMENTER, NORMALISER, STANDARDISER... DÉTRUIRE

La sur-réglementation et les effroyables contraintes administratives étouffent les petites entreprises. Ce point est d’actualité avec (entre autres) les nouvelles mesures gouvernementales d’incitation aux économies d’énergie.

Les aides prévues sont « éco-conditionnées ». Ceci veut dire que, à partir du 1er janvier 2015, leur attribution sera soumise à un certain nombre de conditions incontournables.
Parmi celles-ci, l’obligation de confier les travaux d’amélioration thermique des logements à des entreprises détentrices du label RGE : « Reconnu(e) Garant(e) de l’Environnement ».



Les petites entreprises artisanales sont bien entendu soumises à ces conditions.

L’obtention de ce label passe par, successivement : trois jours formation à 720€ + l’achat d’un ordinateur pour qui n’en possède pas y compris la formation à l’utilisation de cet outil à 1 000€ (les mains calleuses et l’esprit des travailleurs manuels ne sont pas spontanément aptes à cette utilisation) + un logiciel adapté au calcul des économies potentielles à 700€ + l’adhésion a un organisme certificateur à 300€ + la soumission à un contrôle annuel à 200€ + un certain nombre de frais de déplacements, de communication, d’information, d’accès à l’Internet…


Une telle contrainte et son coût, voisin au total de 3 000 €uros, décourage les très petites entreprises (les TPE).  Elle les retire - de plus - de "leur cœur de métier ».
Lorsque l’on est un bon charpentier, on ne devient pas automatiquement un bon informaticien, encore moins un informaticien... crédible.

Dans cette situation, devons-nous être surpris de la disparition régulière des TPE?


UNE INARRÊTABLE COMPLEXIFICATION

Non, il faut nous rendre à cette évidence : le système complexifié à l’extrême retire aux artisans la passion professionnelle qui les animait jusqu’ici.
Le temps des métiers manuels est révolu.

Ils ont été régulièrement déclassés par l’Éducation Nationale. Le coup de grâce leur sera donné par une sur-réglementation stupide qui leur donne une conviction de ringardise.


Ringards, ces métiers qui ont rendu tant de services aux communautés de proximité et fait s’épanouir tant et tant de générations de travailleurs ?

Tout cela peut-il être déclassé sans discernement sous la pression d’une intellectualisation systématisée ?


Tous ces brillants techniciens seraient-ils soudainement devenus des nuls pour être soumis à des contrôles permanents?
Et au nom de quelles raisons supérieures du "mieux-être" des populations en serait-il désormais ainsi ?



UNE ÉLIMINATION...PROGRAMMÉE?

D’autre part, serions-nous nous-mêmes tombés dans un genre de paranoïa qui nous ferait croire à une élimination programmée des métiers manuels ?
Notre tête reste froide, mais les événements qui nous conduisent à cette conclusion se multiplient.

Si le fonctionnement des très petites entreprises doit être soumis aux conditions que les très grandes dominent par leur puissance de feu naturelle, alors les très petites disparaîtront.

S'adapter ou disparaître, voila désormais l'exigence non négociable du nouveau monde globalisé.
Impossible d'y résister.


Épuisement professionnel, stress chronique, burnout, se généralisent. Les heures d’absences au travail de multiplient faisant chuter la productivité des entreprises et ruiner les assurances de Santé.
Le travail n’est plus synonyme d’activité créatrice ou d’épanouissement.
Pour certains, il ne l’aura même jamais été.


Même si nous en voyons les prémices (des demandes de simplification d’accès au label RGE se sont manifestées) nous ne savons pas encore si les derniers instincts de survie mettront en route suffisamment de résistances au concasseur d’énergie humaine qu’alimente la rationalisation systématique de nos sociétés.

Quoi qu’il en soit, la domination des ETN (Entreprises Trans-Nationales*) est telle sur la gestion désormais
globalisée du monde , que l’élimination automatisée des petites d’entreprises semble déjà programmée.



*Lire sur ce thème l’ouvrage « Les Usurpateurs – Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir » de Susan George (Seuil – 2014).
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