jeudi 20 mars 2014

ELECTIONS MUNICIPALES : POUR SORTIR DE L’OBSCURANTISME


Difficile, vraiment difficile de tourner des pages dans les communautés rurales toujours ancrées dans des formes de délégations issues pour certaines du Moyen âge.
 Un résidu d’aristocratie rurale, établie autour des familles possédantes du 19ème siècle, qu’elles soient agricoles ou artisanales, s’accroche encore farouchement à des positions dominantes devenues désormais caduques.
 Ces résistances archaïques trouvent encore un appui tangible auprès des nostalgiques des hiérarchies locales stables et des avantages personnels qui pouvaient en découler.
La peur d’un monde qui va trop vite, la crainte des inconnues qu’il draine, renforcent encore ces résistances.
Le transfert vers les générations suivantes est encore actif, dernier résidu familial d’une société déjà morte.
 
Les restes d'une aristocratie rurale longtemps dominante

UNE RUPTURE SOCIALE EN COURS

La gouvernance des communautés, y compris et peut-être surtout des communautés rurales a basculé dans un autre monde. 
De nouvelles exigences sociétales sont apparues. La stabilité des populations ancestrales est bousculée.
Les nouveaux résidents en sont souvent tenus pour responsables. On s’exprime alors contre tout ce qui est étranger et l’intérêt pour les propositions extrémistes s’amplifie. 
 La rupture entre les deux populations est engagée.

 Elle sera rapidement consommée par la faute d'une organisation urbaine mal ordonnée par les aménageurs du territoire travaillant "hors sol". 

 Sans espace privé, sans la moindre place pour l’intimité, les nouveaux lotissements portent dès leur création tous les ingrédients du conflit. 

 Dépossédés de toute liberté de vie hors des murs de leur habitat, les individus se jettent alors malgré eux dans les crocs télévisuels des  videurs de cerveaux de tous poils.

UNE NOUVELLE MANIÈRE DE "PENSER" LES TERRITOIRES

Les nouvelles technologies de la communication et du traitement des dossiers ont bousculé profondément la manière de construire et surtout de penser l’avenir de la société.

Cette évolution extrêmement rapide est un véritable bouleversement. 

 Aussi, un certain nombre d’édiles communaux, plus que trentenaires dans leur situation d'élu, se sont trouvés totalement dépassés par ces nouvelles données.  

La maitrise des nouveaux outils informatiques et de communication leur échappe. 

Le plus grave se situe dans leur incapacité de comprendre les dispositions intellectuelles nouvelles qui s’imposent désormais dans la gestion des territoires. 

Et pourtant, certains d’entre eux continuent à s’accrocher à leur poste, se considérant par leur ancienneté comme les propriétaires du pouvoir local. 

 Ils s'en remettent alors à leurs responsables administratifs... qui n'en demandaient pas mieux. 
Ce sont eux désormais qui dictent la loi aux communautés : le monde est à l'envers!
 

SORTIR DE L’OBSCURANTISME 

La stratégie de gouvernance de ces élus-dinosaures s’appuie sur le triptyque bien connu des sociologues : 

1)      – La Victimisation : « On ne peut plus rien décider ». « On nous impose tout ! » « On risque d’aller en prison à toute occasion ». Etc. Le fameux et anonyme « ON » derrière lequel ON se réfugie régulièrement.

2)      Le Clientélisme : « venez me voir à mon domicile, JE vais vous arranger ça ! ». «  La loi, il faut surtout savoir la contourner » (entendu de la bouche d’un maire chargé précisément… de veiller à la bonne application de la Loi).

3)      L’Obscurantisme : « çà, je ne peux pas vous le dire… ». « les affaires de la commune, c’est confidentiel ! » (entendu dans une mairie).

LES RÉUNIONS PUBLIQUES : UNE THÉRAPIE DE GROUPE « NON RESTREINTS" 

Dans beaucoup de communes à la gestion souterraine tout se traite donc dans la confidence.
 L’arrivée d’une population nouvelle, étrangère aux pratiques locales occultes, est de nature à provoquer la fin des stratégies obscurantistes.
La seule manière efficace de rompre avec cette situation est de porter le débat sur l’espace public.
Pourtant, la crainte de la tentation pour certains de "laver un linge sale", précisément  "en public" est naturellement redoutée.


Dans certaines petites communes, ce fut cette année une première à l’occasion des élections municipales. A chaque fois, plus d'une centaine d'électeurs se sont rendus à des réunions publiques, preuve indiscutable d'une réelle attente.

Les communes qui ont su franchir ce pas, malgré les appréhensions de beaucoup de citoyens, doivent s’en féliciter. 
Il y a des maux ancrés depuis si longtemps dans les communautés... qu'ils ne peuvent se guérir qu’ainsi.



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