samedi 22 avril 2017

ÉLECTIONS, ET MAINTENANT ?


Nous arrivons enfin au terme – ou presque – de la grande cavalcade de la campagne pour l'élection présidentielle.

Le texte publié dans le présent espace le 24 janvier 2017 et intitulé "CITOYEN PERDU CHERCHE UN SAUVEUR" reste d'actualité. Peut-être même plus que jamais !
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De la déception à l'écœurement"nous y sommes ; piégés englués dans un système régulièrement bousculé, mais duquel il semble impossible de sortir.


Les puissances de l'argent ont atteint une capacité de domination incommensurable et ce, dans tous les domaines. 
Nous le savons depuis longtemps, il est possible de tout acheter. 
Certains ne s'en privent pas et pourquoi le feraient-ils ? Du droit à polluer… aux services des mères porteuses. Des premières pages de magazines… à la mobilisation rémunérée de supporteurs. 
De la sélection des plateaux politiques… à l'assassinat télévisuel et lucratif des candidats les plus vulnérables.

L'intérêt général ? L'éthique ? De quoi parlons-nous donc ? Termes désuets s'il en est, voire même ringards, en tout cas inadaptés à pouvoir changer la donne.

ÊTRE élu est DEVENU un métieR

"Être élu est une fonction temporaire attribuée par les électeurs à une personne de leur choix".
Ce principe remonte à la Révolution française de 1789. Il est toujours en vigueur.
Néanmoins, on constate que les personnes élues, non seulement tentent de renouveler plusieurs fois leurs mandats, mais, ont aussi tendance à les cumuler.

L’explication principale réside dans le fait qu’il est possible, en France,  de vivre aujourd'hui de ces fonctions. Alors pourquoi ne pas s'y installer… définitivement ?
Si ceci est vrai pour les élus parlementaires, la course à la rémunération élective est aussi une réalité dans nos organisations territoriales de proximité. En dehors de la fonction "sacrée" de Maire, il serait grand temps que nous nous posions également la question de l'abyssale absence de renouvellement au niveau local.

LE POUVOIR EST LEUR PROPRIÉTÉ

Oui, c'est aujourd'hui une évidence, il y a bien des "propriétaires autoproclamés du pouvoir". Ils sont pour beaucoup issus de "la voie royale" tracée dans les grandes écoles. Celles dont beaucoup réclament la dissolution. Ils font de la politique leur métier, enfermés dans un contexte dont ils n'ont jamais appréhendé le caractère premier : celui de servir leur communauté. 

Tout ce qui leur était accessible leur paraît autorisé, y compris (et surtout) le détournement des rémunérations de services attachés à leur fonction et légitimés… par eux-mêmes !

VOTER OU NE PAS VOTER ?

La question est redoutable, tellement les moyens qui étaient attribués aux citoyens ont été régulièrement frelatés ou même détruits par "les propriétaires du pouvoir".
Le vote blanc ? N'étant pas invalidant, il n'apporte qu'une consolation intellectuelle de n'être pas satisfait de l'offre globale. Rien de plus !
L'abstention ? Le désintérêt qu'elle exprime ou la contestation qu'elle est sensé manifester de l'action politique n'a aucun effet sur le résultat. Elle est donc improductive.

ALORS, VOTER POUR QUI
?
Voila la terrible contrainte qui assaille le citoyen la veille de passer au bureau de vote : devoir s'exprimer dans une offre qui ne lui convient absolument pas… sauf à être enfermé dans les logiques partisanes aveuglantes des partis politiques.

PASSAGE EN REVUE

Cet exercice pourrait être qualifié de "calcul amusant"… s'il ne s'agissait pas d'une élection présidentielle et donc de déterminer ensemble celui ou celle qui nous représentera désormais au regard du Monde.
Tant pis pour le ridicule, osons donc ce passage en revue des candidats, dans l'ordre alphabétique de leur nom :

1.
Nathalie ARTHAUD : tonique et brillante successeuse d'Arlette LAGUILLER. Utile au monde des travailleurs. Comme Philippe POUTOU, elle a saisi l'opportunité de ces élections pour porter au niveau national la nature des revendications ouvrières.
Possibilité d'être élue : aucune. Ce n'était pas son objectif.

2. François ASSELINEAU : haut fonctionnaire, probablement brillant, doté de moyens de se faire plaisir en exposant sa profonde et réelle connaissance des rouages diplomatiques.
Possibilité d'être élu : aucune.

3. Jacques CHEMINADE : un grand-père sage. Du bon sens dans ses propos. Une grande connaissance du cadre constitutionnel. Intéressant pour la bonne perception par le citoyen du cadre légal qui souvent l'emprisonne. Se fait plaisir et permet à sa descendance de dire "Papy y était !".
Possibilité d'être élu : aucune

4. Nicolas DUPONT-AIGNAN : difficile à cerner sur ses ambitions. N'est pas dupe… mais fait comme s'il y croyait ! Utile au débat par la contestation ouverte qu'il fait d'un système aux mains des puissants. Possibilité d'être élu : aucune. Le sait et affirme le contraire. Dommage !

5. François FILLON : à l'origine d'un trouble profond dans l'électorat. Violemment bousculé sur ce qu'il ne croyait pas possible : la contestation de son intégrité déclarée d'élu. Ses propres discours sur ce thème l'assassinent. A été dans l'incapacité d'apporter les preuves du contraire, au lendemain de ses "accusations" par la presse d'investigation. Probablement victime d'un emballement judiciaire logique à ce niveau de positionnement, sans besoin d'un "cabinet noir" à l'Élysée.
Possibilité d'être élu : faible mais réalisable, toujours soutenu par une classe d'inconditionnels qui lui pardonnent tout et croient en lui comme on croit en Dieu.

6.
Benoit HAMON : victime de la primaire et de l'incroyable confusion des votants, qui ont confondu les règlements de compte internes avec les possibilités de victoire à l'élection présidentielle. Possède la stature maximum d'un surveillant de collège. Fait de la politique son métier, mais le fait mal. Être désigné par défaut a été le sort de François HOLLANDE. On voit ce qu'il en est advenu.
Possibilité d'être élu : faible, voire nulle.

7. Jean LASSALLE : probablement une nouvelle révélation à ce niveau de celui qui a fait déjà beaucoup parler de lui dans la défense (réussie) de causes rurales capitales. Sa sincérité n'est pas à mettre en doute. A souvent mal négocié les redoutables rencontres télévisuelles. Termine sa campagne de meilleure manière. Il semble enfin avoir trouvé son discours.
Possibilité d'être élu : aucune, contrairement à ce qu'il affirme, mais ne pouvait pas faire autrement que de s'engager dans cette campagne…toute rurale, évidemment.

8. Marine LE PEN :
Tout a été dit et redit sur "la fille à son père". Cristallise la haine des déçus de la politique conventionnelle. Joue facile sur une incroyable somme d'arguments que lui livrent "clés en mains" les tenants des pouvoirs successifs. Si elle n'existait pas, vers qui se dirigerait la haine que portent, de plus en plus nombreux, les citoyens mis "à cran" par les pouvoirs actuels ? Utile donc en tant qu'exutoire.
Possibilité d'être élue : aucune, même si présente au second tour. Avec beaucoup moins d'écart (60/40 ?), le remake Chirac-Le Pen de 2002 se rejouera, quel que soit son adversaire le 07 mai.

9. Emmanuel MACRON : un parfait produit de la société marketing. Un cas d'école HEC appliqué cette fois à la politique. Tout y est, le produit : jeune, beau, brillant dans ses discours, maîtrisant bien son image. Le soutien financier, la stratégie de communication en rafales, bien ciblée. A attiré vers lui les "fins de carrière" qui parient sur une dernière opportunité de se faire une retraite complémentaire.
Possibilité d'être élu : réelle dans la pagaille actuelle. Les électeurs achèteront ce produit comme s'ils achetaient une nouvelle voiture. Et après ?

10. Jean-Luc MELENCHON
: probablement le plus cultivé de tous les candidats. Ose aborder sans crainte apparente des thèmes délicats et des outils de communication novateurs. Un tribun qui enflamme les foules et fait comprendre la politique. Comme savait si bien le faire Michel Rocard. Une longue expérience du pouvoir. Termine sa campagne de façon efficace.
Possibilité d'être élu : faible mais envisageable. Réelle si présent au second tour.

11. Philippe POUTOU : considéré comme la révélation de la campagne, après son interpellation tonique et apparemment efficace de François Fillon et Marine Le Pen, sur le plateau de TF1. Joue dans la même cour que Nathalie Arthaud, avec quelques nuances. A utilisé la campagne présidentielle comme une opportunité de faire connaitre les problèmes actuels de "la classe ouvrière"
Possibilité d'être élu : aucune. Oublié par beaucoup dès le 07 mai.

Il ne nous reste que quelques heures pour nous décider. Quel que soit le résultat, il ne nous satisfera pas, nous le savons déjà.

Nous resteront toutefois nos yeux pour en pleurer. Rien d'autre ne semble t-il, du moins pour l'instant.



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