samedi 2 juillet 2011

Mission Haïti - Billet N°1

Ben voila, c’est parti pour une nouvelle aventure humanitaire. Cette fois, direction Haïti et sa capitale ravagée par un terrible séisme en janvier 2010. 
Dans la phase d’urgence, Médecins du Monde (MDM) et beaucoup d’autres organisations ont installé le plus rapidement possible des hôpitaux « de campagne » pour permettre à des médecins de soigner, d’opérer, de vacciner… 

Comme si cela ne suffisait pas au malheur des Haïtiens, une épidémie de choléra est apparue en octobre 2010. Elle a fait 3 600 morts en quelques semaines. Nouvelle urgence!

Des camps énormes abritent aujourd’hui 800 000 réfugiés. D’autres ont pris eux-mêmes en charge leur relogement sous des constructions aléatoires de bois et de tôles. Les conditions sanitaires sont… ce qu’elles sont.

Je suis donc arrivé à Port au Prince jeudi soir à la nuit tombée, après 11 heures de vol et une escale interminable à Pointe à Pitre. Passage habituel au guichet de l’immigration, puis de la douane où je dois déclarer et dédouaner un téléphone satellite et trois antennes radios que j’ai emportés avec moi pour les besoins de la mission.

L’habituelle Toyota MDM m’attendait avec Ilioda son chauffeur black, heureux de me souhaiter une chaleureuse bienvenue en créole : « ou lakay ou ! ». Pour rejoindre notre voiture, nous devons fendre une foule de locaux venus probablement chercher l’un des leurs à l’aéroport. Ils vous serrent de près. Dans la nuit, c’est quelque peu oppressant. 

Sous les feux de la voiture, j’entrevois ce qui sera mon cadre de vie durant ces deux mois : structures délabrées, pagaille dans les rues, gargotes et petits marchands partout, gamins qui courent au milieu des voitures sans immatriculation…

Ilioda me conduit directement à la « maison-vie » de la mission, placée sous la surveillance de deux gardiens. J’y fais la connaissance des expatriés avec qui je partagerai la vie et le logement durant ces deux mois : Jean-Philippe, le reporter, Jacky, le coordinateur logistique, Pauline et Emilie, sages-femmes, Bénédicte l’administratrice. 
Toutes les trois en première mission. 

 Manquent ce soir : Alain, le chef de mission, Maurice, un Suisse coordinateur médical. Tous deux sont en déplacement sur un site de la Grande Anse, département tout à l’Ouest du pays et rentreront à la base samedi.

Manque également Enzo, un italien logisticien. Je ferai sa connaissance vendredi matin. Egalement Evelyn la canadienne au délicieux accent (je le découvrirai plus tard).

Vendredi : contact avec le staff local : gardiens, chauffeurs, radios, médecins, cuisinières, femmes de ménage… Brief-sécurité par Jacky. Il faut que nous fassions très attention à nos déplacements. Nous sommes ici sous le régime des gangs.



Je me rends ensuite sur mon premier site de travail, un centre médico-social dans un quartier délabré par le séisme. Darleine m’accompagne avec voiture et chauffeur. En milieu expatrié, il est indispensable que les chauffeurs soient des locaux. Si vous étiez engagé dans un accident en conduisant vous-même une voiture, cherchez pas à vous défendre, vous êtes déjà mort !

Darleine, un grand gaillard de 1,80m sera mon double local. Il devra prendre le relais de la conduite des chantiers que nous mettrons en route ensemble. Il a une bonne connaissance du monde du bâtiment. Il connait les réseaux locaux. Cela nous sera très utile. Il attendait avec impatience mon arrivée. Il est convaincu d’apprendre avec moi beaucoup de choses. 

La disposition de mon bureau qui m’est proposée ne me convient pas et il me manque un grand tableau au mur. 

Enzo, l’Italien, en est d’accord. Lundi nous aménagerons différemment cette pièce où nous travaillerons désormais à quatre.

Mwen la ! M ap boule ! Babay ! (je vais bien, au revoir).

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