mercredi 8 mai 2013

JEAN GESTAS : IL AVAIT MONDIALISÉ LA CHAISE DE CAME

Notre  histoire  s’écrit  actuellement  dans  la  douleur.  Les  disparitions successives  de  personnages  marquants affecte chaque fois un peu plus notre communauté. 
Qu’y pouvons-nous ?
Ainsi va notre vie ! 

 Jean  GESTAS,  « Jeannot  de  La  Nine »  pour  nous  les locaux  de  souche,  nous  a  donc  quittés  le  27  février dernier.
Jamais avant lui la Chaise de Came n’avait autant rayonné dans le monde.
Au plus fort de la production de ses ateliers, 2 500 chaises, représentant 40 modèles, sortaient chaque mois de  La  Nine.  La  plus  grande  partie  destinée  à l’exportation,  principalement vers les  Etats-Unis,  mais  aussi vers la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Norvège… ou encore le Japon, la Corée, les Emirats arabes… 


Jean GESTAS L'EXPORTATEUR DE CHAISES DE CAME.
Bulletin de la CCI de Bayonne (1985)
Dans les années 80 une visite des ateliers de La NINE.
Au centre, bras croisés et "rayonnant" : JEAN.


















Dans  le  cadre  de  la  Chambre  de  Commerce  et  d’Industrie,  Jean  avait  été  l’initiateur  et  l’animateur  du premier Club des Exportateurs de la Côte Basque dans les années 1980.

CHAISIER... MAIS PAS SEULEMENT!

Mais  cet  homme  passionné  et  passionnant  a  multiplié  les  cordes  de  son  arc  chaisier.  Grand  voyageur, séduit principalement par l’Afrique, il se mit à pratiquer les langues étrangères à un âge ou rares sont ceux qui osent s’y engager. 
Enraciné dans la culture traditionnelle de sa communauté, il n’a jamais cessé d’en pratiquer la langue. Avec sa  proche  famille  d’abord,  puis  partout  dans  les  ateliers.  Sur tous  les  postes  de  travail  la  langue gasconne restait le support naturel de communication.

 Des  pailleuses à domicile aux  anciens métayers à qui  l’on  avait  donné  le  congé,  tous  avaient  trouvé  dans  les  ateliers  de  "Jeannot"  un  lieu  inégalable  de valorisation.

Convaincu   de   la   nécessité   et   de  la   valeur   de   toute   initiative novatrice,   il   s’était   associé   sans   hésitation   à   la   première   et audacieuse expérience rugbystique locale en 1967. Il fut en effet le premier et unique trésorier  de  « l’Eveil  Camot »,  comme  il  fut  le soutien passionné d’Histoire de l’association culturelle ACAMAR dès sa création en 1996.  

La familiers de cette association se souviennent encore avec émotion de la soirée-conférence au cours de laquelle Jean avait fait partager sa découverte "de visionnaire" d'une Chine en développement, encore ignorée de beaucoup.


DE LA RACE DES "SEIGNEURS"

Dans la voie énergique tracée par Jean GESTAS, beaucoup d’autres ont  cheminé  vers  leur  réussite  personnelle.  
Beaucoup  savent  ce qu’ils doivent  à ce leader local. Ils le conservent  désormais  dans la discrétion sacrée de leur intimité.
Le petit monde des Chaisiers de Came a ainsi perdu probablement son  plus  prestigieux  ambassadeur.  L’Histoire  de  cette  corporation devrait le retenir ainsi. 
Il est des personnages qui traversent nos vies comme des  rayons de lumière.
Ils nous marquent, probablement malgré eux, de leur exceptionnelle dimension.  


Jean était de ceux-là, de la race regrettée des « seigneurs ». 



 NDLR : Ce billet a été publié dans "Lou Couralin" journal d'informations de la commune de Came de mai 2013

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