dimanche 17 février 2019

LE DANGER DE LA CRITIQUE !

Il semble très difficile et même risqué par les temps qui courent d’émettre un avis sur la situation actuelle, tellement toutes les bases saines de réflexion ont été sérieusement ébranlées ou même détruites. Il semble que l’abrutissement se soit abattu sur notre société. Les réseaux sociaux en ont été les déclencheurs. Ils en sont aujourd’hui les propagateurs.
 
Les affirmations percutantes, les appels au ralliement, propulsés sans contrôle sur l’Internet, séduisent une grande partie d’anonymes en mal d’existence. En se positionnant spontanément comme relais, ils démultiplient à l’infini et sans réflexion, les appels désordonnés à une action qui s’avère incontrôlée.
Dans cette explosion communicative irréfléchie, toutes les opinions qui n’iraient pas dans le sens attendu sont sujettes à destruction systématique, souvent même nourrie de violence.
La contestation de la Presse en est l’exemple (dé)flagrant. L’information ne peut aller que dans le sens attendu par les contestataires. Les comptes-rendus objectifs deviennent ainsi quasiment impossibles sans courir un réel danger, y compris physique.

Mais comment donc en sommes-nous venus là ?

LA DESTRUCTION DES SYMBOLES

Ne dit-on pas que « l’exemple vient d’en-haut » ? Toujours faudrait-il définir au préalable ce qu’est « l’en-haut », lorsqu’il ne s’agit pas d’une position simplement géographique. Il s’agirait plutôt de la situation d’un individu qui, par ses qualités intellectuelles et morales et son désir "de servir", a bénéficié d’une reconnaissance en tant que "guide" de la part d’une certaine population. Une population de laquelle nous pourrions, les uns et les autres, faire partie.

Il est heureux alors pour les peuples que des personnes de cette nature détiennent, à un certain moment de leur histoire, un réel pouvoir d’influence et d’action (Havel, Mandela, Walesa, Aung San Suu Kyi…).

Or, ces personnes se font rares, voire inexistantes aujourd’hui, dans nos sociétés livrées désormais aux puissances de l’argent.
Ainsi, les chemins qui conduisent au Pouvoir ne favorisent-ils que les opportunistes de mauvais poil en soif de domination.
Devons-nous pour cela généraliser ? Ce serait totalement injuste par rapport à la volonté intègre et loyale de servir le pays dont certains font encore preuve.


…ET DE L’IMAGE PRÉSIDENTIELLE

Une page de notre Histoire s’est ouverte de façon inattendue le 07 mai 2017. En ayant balayé l’ancienne alternative droite-gauche, nous avons porté à la fonction suprême l’un des plus jeunes présidents de notre République.
Le fait que beaucoup « d’irréfléchis » contestent aujourd’hui avec violence cette élection est incompréhensible. En s’attaquant à la fonction présidentielle démocratiquement établie, ils ne comprennent pas que c’est vers eux-mêmes qu’ils dirigent leur haine.

Ici se situe le point de départ d’une phase des plus graves de notre actuelle démocratie : la banalisation, puis la destruction de l’image présidentielle.
Certes, la jeunesse du Président, sa fulgurante énergie et ses inadéquations accidentelles de langage, le mettent en risque d’irrévérence.
Mais la contestation viendra surtout de ceux qui exigent d’un Président de la République qu’il soit conforme à la définition qu’ils se feront personnellement de cette fonction.
Les revendications individuelles déraisonnées détruisent peu à peu la notion de « peuple uni ».

Une étape déterminante de la destruction de l’image présidentielle a été franchie lors du débat qui a opposé le Président Macron aux deux journalistes E
dwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin le 15 avril 2018. S’affranchissant de toutes considérations pour la fonction suprême, les deux interviewers semblaient être venus avec la détermination de « casser du Président ».


Ce débat, nourri d’une sauvagerie journalistique inconnue jusqu’ici, a eu pour conséquence de désinhiber une foule d’abrutis qui se retenait encore.

Les justifications extravagantes qui ont suivi sur la méthode adoptée n’ont rien réparé, au contraire. 
Le mal était fait.
Les caricatures présidentielles les plus abjectes ont envahi les réseaux sociaux. En détruisant l’image présidentielle, c’est la notion de « peuple uni » qui a été pulvérisée. La notion de « masse » et de « foule » s’est alors rapidement imposée.


"SOUVENT LA FOULE TRAHIT LE PEUPLE" (Victor HUGO)

Il est intéressant - et douloureux à la fois - de rappeler une nouvelle fois ce qu’exprimait le médecin-anthropologue-philosophe-sociologue Gustave Le Bon (1841-1931) (inspirateur de Freud, de Churchill et de De Gaulle) à la fin du 19ème siècle dans son ouvrage « Psychologie des Foules » :
« On remarquera que, parmi les caractères spéciaux des foules, il en est plusieurs, tels que l’impulsivité, l’irritabilité, l’incapacité de raisonner, l’absence de jugement et d’esprit critique, l’exagération des sentiments et d’autres encore que l’on observe également chez les êtres appartenant à une forme inférieure d’évolution… ».


L’actualité nous conduit, hélas, à confirmer les thèses de Gustave Le Bon. Si les raisons sont légitimes, les façons de les faire valoir ne le sont pas.
Ce que confirme une autre formule attribuée à Jacques Necker : « On a souvent tort dans la façon que l’on a d’avoir raison ».
À suivre…

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