dimanche 12 mai 2019

ÉLECTIONS EUROPÉENNES : POUR QUOI ALLONS-NOUS VOTER ?


Toutes les élections, quelles qu’elles soient, ont un objectif fondé : propulser les meilleurs dans des fonctions visées par le contexte et l’objectif de l’élection.
Les élections européennes sont bien de cette nature. Il s’agit de porter au parlement de Strasbourg celles et ceux qui seraient en mesure de contribuer le plus efficacement possible à l’évolution continue de la structure européenne. L'enjeu, pour nous tous, les européens, est de contribuer à établir une puissance désormais indispensable au niveau mondial.
Hélas, nous sommes détournés de cette logique par un certain nombre de perversités.


UN VOTE PERVERTI

Première perversité : la multiplication irrationnelle de listes candidates. Le plus grand nombre d’entre elles n’aura aucune chance, et le sait, de disposer de représentants au parlement européen. Il s’agit avant tout d’utiliser cette opportunité pour bénéficier d’une tribune ouverte à des discours d’enflammement, en grande partie étrangers à ce scrutin.
Deuxième perversité : le discours tenu par un grand nombre de politiques et qui a pour unique objectif d’alimenter un affrontement partisan strictement national.
Troisième perversité, peut-être la plus grave : le rôle que s’est attribuée une presse majoritaire dans ce détournement, en s’installant dans une démarche populiste d’audience. Les titres habituels en sont la confirmation : « la revanche de Le Pen sur Macron », « le match Macron le Pen » « Les européennes transformées en nouveau duel Macron-Le Pen ».
Mais où sont les objectifs et les véritables enjeux de l'élection européenne dans cette affaire ?


L’ENFER DES RÉSEAUX SOCIAUX

Ainsi, ce scrutin européen sera l’opportunité pour un certain nombre de régler ses comptes avec le président de la république et son gouvernement.
La banalisation de la fonction suprême est un fait déjà accompli. Les titres de déférence ont disparu des propos. Il n’y a plus de « Monsieur le Président ». Plus de « Président Macron ». Même plus « d’Emmanuel Macron ». Seul le raccourci patronymique « Macron », pratique de cercle de jeu et de bistrot, suffit à ceux qui, dans un inacceptable mépris, désignent ainsi celui qui occupe la fonction suprême de Chef d’État.
Certes, les imprudences de langage du jeune et fougueux 
président ont pu s'ouvrir à cette déconsidération... mais tout de même !
Que faut-il en penser ? Quel modèle de civisme est-il possible d’y lire ? Quelle leçon les jeunes citoyens en construction peuvent-ils tirer de cette déconsidération ?
Décidément, nous nous enfonçons régulièrement dans la destruction de l’action civique.
L’action des Gilets Jaunes, ce corps minoritaire sans repères (et volontairement sans tête), exalté par les réseaux sociaux (et inexistant sans eux), a apporté une part considérable à cette dégradation.


Ce racket démocratique est devenu insupportable pour tous celles et ceux qui, dans la paix et le calme, construisent au quotidien, dans leurs ateliers, leurs usines, leurs écoles, leurs associations ou leurs foyers, les principes d’échanges et de débats qui pourront construire une Europe et par-delà un monde d’harmonie et de paix.

LE SILENCE DES ÉCLAIRÉS

La majorité constructive et paisible reste toujours silencieuse. Elle ne s’accommode pas du tapage. Elle pratique dans la discrétion l’art d'édifier et de transmettre.
La tonitruance sociale ne lui convient pas, elle la déplore même. Elle ne se prêtera jamais à ce jeu de massacre, honteusement alimenté aujourd’hui par l’internet et une certaine presse.
Outre sa propre volonté de discrétion, on ne lui donne même pas la parole.
Plus grave, elle est aujourd’hui elle-même la victime, visée ou collatérale, des déchaînements de violence qui concluent régulièrement la plupart des manifestations de rue.


ET L’EUROPE DANS TOUT ÇA ?

Au moment de définir les options de vote, il  parait bien difficile de les fixer en sachant à quoi s'en tenir.
C’est un problème de taille pour nos démocraties. Quand les citoyens ne réfléchissent pas à ce qu’ils lisent et entendent, ils deviennent vulnérables aux manipulations de toutes sortes. Sans chercher à comprendre, ils absorbent les paroles de tel ou tel populiste qui les entraîne dans des voies destinées à d’autres objectifs.
Ne sommes-nous pas dans cette situation actuellement ?
Sommes-nous réellement en mesure de comprendre quelles seraient les candidatures qui seraient les plus sincères et les plus efficaces pour assurer l‘avenir de l’Union Européenne et de ce fait celui de nos pays ?
Il ne nous reste que peu de temps pour définir dans quelle Europe voulons-nous vivre demain et  pour tenter de saisir sur qui pourrions-nous compter pour cela.

Dans ce monde globalisé dans lequel les opportunistes s’octroient toutes les places, restera-t-il encore au parlement européen un espace pour quelques dépositaires éclairés de l’esprit des Lumières ?
Il nous est, hélas, permis d'en douter.

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